Crise ukrainienne : la France doit retrouver sa voix

Communiqué du Mouvement National-Démocrate


Depuis ce matin, les forces armées russes ont pénétré le territoire de l'Ukraine et multiplient les frappes sur des cibles militaires du gouvernement ukrainien. Après plusieurs années de tensions et de provocations entre les deux pays, le président russe Vladimir Poutine a choisi de reconnaître l'indépendance et de garantir la sécurité des républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk dans la région du Donbass, en dénonçant le non-respect par le gouvernement ukrainien de ses engagements et en fustigeant la multiplication des ingérences de l'OTAN dans les pays limitrophes, susceptibles de menacer la sécurité et les intérêts fondamentaux de la Russie.

Malgré les menaces de sanctions internationales et la calamiteuse tentative de médiation d'Emmanuel Macron et de l'Union Européenne, la guerre est donc déclarée entre la Russie et l'Ukraine et l'escalade se poursuit entre le bloc occidental et le Kremlin. Si la voix de la France n'a pas été entendue, c'est parce qu'elle est devenue inaudible : la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN par Nicolas Sarkozy en 2009, et l'alignement consécutif de sa politique étrangère sur celle des États-Unis, ont eu pour première conséquence d'ébrécher la singularité diplomatique de notre pays et de discréditer sa parole sur la scène internationale, reléguant la France au rang de simple supplétif de la puissance américaine et donc d'adversaire potentiel de tout ce qu'elle compte de puissances ennemies ou concurrentes.

Comment, en effet, dénoncer la violation du droit international par la Russie tout en participant d'une alliance militaire qui n'a jamais hésité à bombarder ou déstabiliser des États souverains - comme la Serbie, la Syrie, l'Irak, la Libye ou encore l'Afghanistan - lorsqu'elle estimait ses intérêts menacés ? Pourquoi abîmer la parole de la France et limiter les marges de manœuvre de sa diplomatie en s'arrimant à une coalition hétéroclite héritée de la guerre froide, dont les États membres nourrissent des ambitions divergentes et des intérêts bien souvent opposés ? Comment accepter l'engagement potentiel de nos forces armées sur des théâtres d'opérations lointains pour honorer les engagements d'une alliance dont les principaux signataires eux-mêmes ne respectent pas les règles élémentaires de réciprocité (par exemple en espionnant leurs propres alliés, comme continuent de le faire les États-Unis) ?

Si l'objectif d'une désescalade, d'un cessez-le-feu immédiat et d'un retour à la diplomatie doit être évidemment poursuivi, la France n'a pas vocation à compromettre ses intérêts ni sa sécurité en s'engageant dans le cercle vicieux de menaces et de sanctions décidées à Washington et qui ne manqueront pas d'affecter les nations européennes tout autant que la Russie. Au contraire, cette crise révèle l'urgence pour la France de sortir de l'ensemble des instances de l'OTAN pour retrouver son indépendance diplomatique et militaire, et faire entendre sa voix dans le concert des nations pour y défendre ses intérêts autant que ceux de la paix et de la stabilité internationale.

 


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