Entretien avec Vincent Vauclin : "Il est encore temps de se réveiller !"

Paris Vox - Rencontre avec Vincent Vauclin, président du Mouvement National-Démocrate, pour faire le point sur les questions brûlantes de l'actualité.


  • Le gouvernement a annoncé que le Pass Sanitaire deviendrait le Pass Vaccinal à compter du 24 janvier. Qu'en pensez-vous ?

Qui peut encore croire que tout ça relève d'une stratégie de santé publique ? Masque obligatoire, confinements, couvre-feu, isolement, distanciation sociale, protocoles scolaires ubuesques, jauges, tests, vaccins, fermetures administratives, amendes : depuis deux ans, nous sommes soumis à un régime d'état d'urgence sanitaire qui mutile nos libertés les plus fondamentales et dont l'instauration de ce passeport intérieur constitue la pierre angulaire. Souvenez-vous : toutes ces dispositions devaient être provisoires et permettre de "désengorger les hôpitaux", "d'aplanir les courbes", bref de "sortir de la crise" en seulement quelques semaines. Le caractère temporaire de ces restrictions était d'ailleurs la condition sine qua non pour qu'elles soient entérinées par le Conseil d'État et par le Conseil Constitutionnel. Mais deux ans plus tard, ces mesures sont toujours en vigueur malgré leur inefficacité flagrante du point de vue sanitaire. Pire : le gouvernement fait peser la responsabilité de cet échec sur une partie de population, coupable de ne jamais y obéir suffisamment, et continue de prohiber les traitements et de fermer des lits d'hospitalisation ! De toute évidence, la gestion de cette crise est aberrante. Alors de deux choses l'une : soit celle-ci est le fait d'incompétents qui, de manière simultanée et partout dans le monde, enchaînent les erreurs et les fautes sans discontinuer depuis deux ans, soit cette gestion de crise ne répond pas à des objectifs sanitaires mais bien à ce projet particulièrement cynique de domestication, de contrôle et de surveillance des populations que nous dénonçons depuis des mois malgré l'opprobre des médias et l'accusation de "complotisme" qui leur tient lieu d'unique argument. Les conflits d'intérêts majeurs (Pfizer, Rothschild, MacKinsey...) dans lesquels trempent la plupart des "experts" médiatiques et des responsables politiques impliqués dans cette affaire, jusqu'au plus haut sommet de l'État, devraient pourtant suffire à les disqualifier pour de bon, de même que l'invraisemblable "secret-défense" qui enveloppe toutes les délibérations du Conseil de Défense sanitaire où se décide chaque semaine, hors de tout contrôle parlementaire et dans une opacité pour le moins suspecte, la politique sanitaire du gouvernement.


De manière générale, l'absence de transparence, les conflits d'intérêts et les violations systématiques de l'état de droit constituent la trame de cette politique prétendument sanitaire qui nous est imposée depuis deux ans. La validation par le Conseil Constitutionnel du Pass Vaccinal, le vendredi 21 janvier 2022, en est un exemple flagrant : cette instance a en effet entériné le projet de loi instituant ce nouveau dispositif en violation de tous nos principes constitutionnels et particulièrement de l'article 5 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui précise que "nul ne peut être contraint de faire ce que la loi n'ordonne pas". N'importe quel étudiant en première année de droit en conclurait, à raison, que ce Pass Vaccinal est fondamentalement illégal et ne peut s'appliquer en France sans remettre en cause la hiérarchie des normes et notre bloc de constitutionnalité, puisque le Pass Vaccinal vise explicitement à nous contraindre à la vaccination alors que celle-ci n'a jamais été rendue obligatoire. Vos lecteurs me pardonneront d'entrer dans ce genre de subtilités juridiques, mais c'est important car c'est tout simplement la définition même de l'état de droit et du principe constitutionnel d'égalité entre les citoyens que cette instance s'est permise de remettre en cause dans sa décision du 21 janvier, offrant sa caution morale et juridique à ce qui n'est rien de moins qu'un véritable coup d'État.

Comprenez bien qu'une telle jurisprudence ne sera pas sans conséquence et ne manquera pas d'être invoquée à l'avenir pour justifier de nouvelles restrictions de nos libertés, que ce soit pour des raisons sanitaires, sociales, écologiques ou encore sécuritaires. Car si la restriction de votre liberté de circulation a pu être justifiée pour "freiner la circulation du virus", pourquoi ne le serait-elle pas, demain, pour "lutter contre le réchauffement climatique" par exemple ? Pourquoi se priveraient-ils d'indexer votre degré de liberté à votre "empreinte carbone", automatiquement calculée en fonction de votre consommation de gaz ou d'électricité (grâce aux nouveaux compteurs connectés, comme le compteur Linky), de la cylindrée de votre véhicule, voire même du nombre d'enfants que compte votre famille ou de la qualité de l'isolation thermique de votre logement ? Et finalement, pour accomplir cette transition vers "la société verte et inclusive de demain" tant promue par l'Union Européenne, pourquoi ne pas tout simplement attribuer un "score social" à chaque citoyen, score qui intègrerait, en plus de votre empreinte carbone et du nombre d'injections vaccinales auxquelles vous aurez consenti, vos habitudes de consommation, vos interactions sociales, votre historique Internet ou encore vos attitudes politiques ou syndicales, et conditionnera quotidiennement votre degré de liberté et votre niveau d'accès aux ressources dans un contexte de rationnement et de crise systémique ? Ce n'est pas de la science-fiction. Cela ne surviendra pas dans un siècle. C'est ici et maintenant que ça se joue. Tous les contre-pouvoirs ont sauté et tous les outils, ou presque, sont désormais en place : Big Data, reconnaissance faciale, drones policiers, prélèvement de l'impôt à la source, compteurs connectés, traçage numérique, algorithmes, radars intelligents, QR Code... L'avènement d'une société de liberté conditionnelle, de confinements différenciés et de surveillance généralisée est le fait majeur de cette séquence ouverte en 2020 et dont certains croient naïvement qu'elle sera bientôt derrière nous. C'est exactement l'inverse qui est vrai : nous n'en sommes qu'aux prémisses de ce basculement historique qui n'est rien de moins que la transposition occidentale du crédit social chinois et dont nous venons de vivre la répétition générale. Il est encore temps de se réveiller !


  • Que suggérez-vous à la place des décisions prises actuellement ?

D'abord, que l'on restitue aux Français l'ensemble des libertés qui leur ont été abusivement confisquées ! C'est ce pourquoi le Mouvement National-Démocrate se bat depuis des mois, notamment en participant chaque semaine depuis plus d'un an aux manifestations organisées en province comme à Paris, mobilisations que boudent la plupart des responsables politiques de l'opposition contrôlée qui préfèrent parler de tout sauf de ce véritable coup de force qui remet en cause nos libertés, qui menace l'état de droit et qui marque l'avènement de cette société d'apartheid totalitaire et de ségrégation généralisée. La gravité de l'épidémie de Covid-19 fut évidemment exagérée et il semble désormais évident - comme l'ont expliqué la plupart des experts indépendants - que le meilleur vaccin contre le virus, c'est le virus lui-même : l'immunité collective conférée par l'infection naturelle d'un variant relativement bénin - comme l'est justement le variant Omicron - est la plus durable et la plus efficace des vaccinations. Bien sûr, il faut aussi lever les invraisemblables interdictions de prescription imposées aux médecins par les autorités de santé et les laisser soigner, grâce aux traitements qui ont fait leurs preuves, leurs patients atteints de formes graves. Il faut également reconstruire l'hôpital public et accroitre ses capacités d'accueil au lieu de restreindre ses moyens comme continue de le faire ce gouvernement. Enfin, et surtout, il faut sortir de l'hystérie et du sida mental de la désinformation, en se réarmant intellectuellement et politiquement pour résister à toutes ces opérations de manipulation destinées à sidérer le corps social pour mieux lui faire accepter l'inacceptable.


  • Nous avons relayé votre tribune récemment, avez-vous reçu une réponse d’Eric Zemmour ou de ces équipes ? Qu’en concluez-vous ?

Si cette lettre fut abondamment relayée et commentée, elle n'a cependant jamais reçu de réponse. Certes, Eric Zemmour est un polémiste de talent qui a choisi de passer des paroles aux actes en présentant sa candidature à l'élection présidentielle. Son irruption sur la scène politique a été perçue par beaucoup de militants et d'électeurs de notre famille de pensée comme une bouffée d'air frais et comme l'occasion de faire enfin bouger les lignes à droite en constituant une force alternative aux vieux partis d'hier, soit une démarche analogue à celle qui fut la nôtre lors de la fondation du MND dès 2020. Mais rapidement, certaines ambiguïtés sont apparues dans sa campagne, et le doute s'est installé. Plus qu'un défi ou qu'une quelconque mise en demeure, ma lettre visait plutôt à lui offrir une opportunité de clarification, pour lever ces ambiguïtés et faire la démonstration que les lignes étaient effectivement en train de bouger, que sa candidature était celle d'une véritable rupture et que cette campagne allait enfin se hisser à la hauteur des enjeux. Mais il n'en fut rien. Et de toute évidence, la ligne Zemmour semble désormais se résumer à un patchwork de punchlines et de gimmicks néo-sarkoystes qui, s'ils font le bonheur des réseaux sociaux et des journalistes, ne répondent en rien aux enjeux et aux problématiques profondes qui devraient pourtant être au coeur de cette campagne présidentielle. Pire, ils permettent fort opportunément de les escamoter et c'est peut-être là, au fond, leur fonction première. Ainsi, la question de la souveraineté intégrale, celle de nos libertés fondamentales et des menaces que font peser sur elles les nouvelles technologies sont éclipsées par des polémiques identitaires de second ordre, les implications du coup d'État covidiste, des ingérences étrangères et du dysfonctionnement de nos institutions qui l'ont rendu possible sont complètement éludées, et les oripeaux populistes dont se drape cette campagne peinent de plus en plus à dissimuler l'autre fonction objective qui la sous-tend : celle d'offrir une justification et un complément narratif à l'accroissement du contrôle social et policier de la population. D'un bout à l'autre de l'échiquier politique, on réclame donc toujours plus de traçage, toujours plus de surveillance, toujours de plus de fichiers, bref toujours plus d'outils de flicage et de leviers de domestication qui seront évidemment retournés contre la population à la première occasion. Pour les uns, c'est au nom de la "lutte contre l'insécurité et l'islamisme", pour les autres il s'agit de "prévenir la violence d'extrême-droite" et "les menaces islamophobes", ou encore de "conjurer la crise sanitaire" et le "réchauffement climatique" : le peuple Français est ainsi pris en tenaille par des obsessions sécuritaires de plus en plus envahissantes qui ont toutes en commun d'éroder ses libertés constitutionnelles et qui, bien entendu, n'apportent jamais de réponse définitive aux maux qu'elles prétendent combattre. Cette mécanique totalitaire est au coeur du projet de la Grande Réinitialisation promue par le World Economic Forum qui n'est rien de moins qu'un coup de force visant à transformer la société occidentale en une vaste prison à ciel ouvert où les citoyens seront progressivement déchus de l'ensemble de leurs droits civiques au nom de la sécurité collective, tandis que les firmes transnationales et les prédateurs financiers pourront poursuivre en toute quiétude le pillage et la spoliation de ces nations politiquement vassalisées et socialement stérilisées. Voilà un choc des civilisations que le candidat Zemmour se gardera bien d'évoquer. Il est vrai qu'une telle entreprise serait impossible si les principaux médias, leaders d'opinion et responsables politiques n'étaient pas liés par un pacte de corruption implicite - ce que j'appelle le Pacte de Davos - qui leur impose de borner scrupuleusement leur discours, de ne jamais s'aventurer trop loin dans la remise en cause de l'idéologie dominante, et de se conformer au cahier des charges de l'opposition contrôlée...


  • À l’approche de l'élection présidentielle, quelle sera la position du MND ?

Il est consternant de voir que la quasi-totalité des partis politiques et des candidats à l'élection présidentielle poursuivent leur campagne comme s'il ne s'était rien passé, comme si nous étions encore en 2017, comme si le coup d'État covidiste n'avait pas eu lieu et n'avait pas fait exploser les vieux clivages et les antagonismes surannés dont ils persistent à se réclamer. J'avais ironisé en disant qu'en 1939, ils auraient été du genre à pétitionner pour l'électrification des îles Kerguelen en pleine invasion allemande. Mais comment l'expliquer ? Déni ? Lâcheté ? Complicité ? Calcul politique à courte vue ? Sans doute un peu de tout ça. Je pense que la plupart d'entre eux n'ont pas saisi les implications de cette "nouvelle normalité" et du basculement historique qu'elle signifie. Ils veulent sans doute croire que ce n'est qu'une séquence passagère dont nous sortirons bientôt et se contentent - comme toujours - d'ajuster leur campagne au gré des vents sondagiers. Ils sont tout simplement incapables de penser dans des catégories nouvelles ni de se hisser à la hauteur de ces défis. Et quand ils se réveilleront, ils sera trop tard : ils seront disqualifiés. D'autres, en revanche, ont parfaitement saisi ce qui était en train de se jouer et font le choix de collaborer, soit en appuyant la narration systémique, soit en multipliant les opérations de diversion, les polémiques et les dissipations pour mieux distraire l'opinion des véritables enjeux. Quoi qu'il en soit, il est certain que l'élection présidentielle de 2022 ne se tiendra pas dans des conditions normales et que la sincérité du scrutin ne sera pas garantie dans un tel contexte. Non seulement parce que les médias et les instituts de sondage court-circuitent la démocratie française, faisant et défaisant les candidats au gré des circonstances et de leur degré de compatibilité avec ce cahier des charges tacite dicté par l'État profond, mais aussi parce qu'il y a fort à parier que les prochains soubresauts de cette "crise sanitaire" ne manqueront pas de justifier l'instauration de "protocoles sanitaires spécifiques" où sauront se nicher toutes les fraudes électorales nécessaires à la continuité du régime. Par exemple, le simple fait que deux amendements parlementaires visant à exclure les bureaux de vote du champ d'application du Pass Vaccinal aient été rejetés coup sur coup aurait dû déclencher un tollé...

Mais là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve : les millions de Français qui, chaque semaine, ont manifesté contre l'arbitraire et la violation de nos droits fondamentaux, ces milliers de médecins, de soignants, de policiers, de pompiers, de parents d'élèves, de chefs d'entreprise ou encore d'avocats qui ont engagé un bras de fer avec ce régime, toutes ces initiatives de résistance qui se multiplient partout en France, à tous les niveaux de la société, sont autant de motifs d'espoirs et la preuve que le peuple Français n'a pas dit son dernier mot, qu'une nouvelle ligne de démarcation se dessine et sépare désormais les forces oppressantes de l'asservissement de celles, irréductibles, de la liberté. C'est à ce front du refus, érigé dans la lutte et dans l'épreuve, qu'il s'agit désormais de donner une représentation politique et une perspective de rassemblement pour peser dans le processus de recomposition politique qui s'engage. C'est notamment le sens de l'appel à l'union sacrée formulé par Florian Philippot et auquel le Mouvement National-Démocrate a évidemment répondu présent. Et si le MND poursuivra le combat dans la rue et sur les réseaux sociaux, nous comptons également mener cette bataille dans les urnes lors des prochaines élections législatives en présentant des candidats nationaux-démocrates partout en France pour faire entendre les propositions de la droite alternative et proposer un autre chemin, tant que c'est encore possible.


 


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